-INFLUENCES-
En 1974, aux États-Unis, toute une faune commence à émerger autour de la scène du club CBGB's dans un contexte où la fin de la guerre du Viêt Nam et le scandale du Watergate préfigurent une volonté de changement. Leur musique est puissante et agressive, leur allure de « zonards efflanqués » dénote avec tout ce qui a pu se faire avant.
Richard Hell se produit avec de grandes lunettes noires style années 1950, un blouson en cuir, un tee-shirt trop court et déchiré ainsi qu'une chevelure dont les mèches sont hérissées et de longueur variable. Dans le même temps, les Ramones se produisent avec un teint blafard, des blousons en cuir noir type « perfecto », des baskets, des jeans troués et déchirés. Alors que les nihilistes de Electric Eels s'affichent avec des tee-shirts déchirés et rafistolés avec des épingles de sûreté ou portant des inscriptions jugées insultantes comme des logos du White Power et des croix gammées.
Ce nouveau genre est remarqué par les médias et Richard Hell pose pour son groupe Television avec le photographe Robert Mapplethorpe. Sur la photo qui est publiée dans le magazine Interview d'Andy Warhol, il apparaît avec un tee-shirt déchiré et arborant une chevelure dont le look sera qualifié de « destroy ».
En 1975, le mouvement commence à être connu sous le nom de « punk » notamment sous l'impulsion du fanzine homonyme publié à partir de décembre 1975 par Legs McNeil et John Holmstrom.
Malcolm McLaren, alors manager des New York Dolls, est à New York. Il est impressionné par l'allure de Richard Hell et ramène disques, photos et articles à Londres pour les afficher dans le magasin qu'il tient alors avec Vivienne Westwood, Sex avec la ferme intention d'importer ce style en l'adaptant au public anglais.
Sex est alors, déjà un endroit alternatif prisé par une clientèle underground. La boutique en est alors à son 3e changement de nom et d'orientation mais conserve des éléments des tendances précédentes (revival années 1950, bikers) qui influenceront ce qui deviendra la mode punk. Ce dernier changement de nom amène une clientèle de jeunes banlieusards issus du milieu prolétaire qui prennent l'habitude de flâner dans la boutique et dont l'allure dénote avec la tendance de l'époque.
C'est là que, Johnny Rotten aurait vu un poster de Richard Hell et commencé à imiter la coupe et l'allure, puis à répandre cette mode autant via les Sex Pistols, le groupe qu'il fonde sous l'impulsion de Malcolm McLaren que via le Bromley Contingent, une bande de fans et d'amis qui se forme autour du groupe et de la boutique.
Sid Vicious, le bassiste du groupe de février 1977 à 1978, est souvent présenté comme incarnant le « look punk ». Il est décrit comme attentif à son allure et imaginatif dans sa tenue ; il porte des jarretières sur son jeans ou un cadenas à l'entre-jambe.
-EVOLUTION-
À partir de 1978, l'émergence de la coldwave fait naître des looks d'inspiration ska considérés comme « glacials » proche des mods avec costumes et chapeaux. Cette tendance est à rapprocher à la fois de l'influence de films comme Cabaret ou Les Damnés mais aussi de l'orientation des collections de la boutique Sex qui s'inspirent des différentes modes en remontant le temps depuis les années 1950.
C'est aussi l'émergence du look paramilitaire, voire des tenues de survie, sous l'influence du groupe allemand Kraftwerk.
Vers 1979, c'est le début de la vague « néo-romantique » où l'apparence devient un élément essentiel et qui évolue vers une certaine préciosité, ce qui aboutira au mouvement gothique et la mode associée.
Les tendances de la mode punk en 1979 peuvent se classer en trois groupes autour d'un caractère privilégié : « l'outrage » pour la tendance punk, le « clean » pour la tendance mods et « l'aspect menaçant » pour la tendance skinhead. Au début des années 1980, le look se met à suivre une tendance clochard (soit type dépression des années 1930, soit type rescapé d'une apocalypse nucléaire) qui veut se rapprocher de l'esprit originel.
Au début des années 1980, commence à apparaître des « punks bidons » ou poseurs qui s'attachent plus à l'aspect sophistiqué de l'apparence qu'à l'aspect nihiliste et revendicateur du mouvement, cet effet de mode suscitera en réaction un mouvement de contestation, notamment via le Do it yourself où les vêtements sont personnalisés sans respect pour l'objet de consommation qu'ils représentent. Ce mouvement aboutira au « zéro look » des grunges dans les années 1990. D'autres auteurs attribuent l'apparition du « zéro look » des grunges aux influences riders américains.
La politisation du mouvement notamment via la oi! et les influences skinheads entraîne des évolutions du look pour l'adapter à la guérilla urbaine. Ainsi, les chaussures coquées sont privilégiées afin de servir de moyen de défense ; le bomber est favorisé comme blouson parce qu'il est difficile de l'aggriper ; le crâne rasé permet de ne pas donner une prise facile, etc.
Le goût de la liberté et l'attitude jusqu'au-boutiste sont déclinés par les riders ; ce qui amènera le skate punk et le look associé (cheveux en bataille, pantalon type « baggy », etc.) popularisés dans les années 1990.
Le goût du kitsch et de l'exubérance est décliné par la mode visual Kei.
La fascination pour les atmosphères post-apocalyptiques est déclinée dans certains courants techno ou cyberpunk.
Chaque sous-tendance, chaque interprétation du mouvement originel amène l'émergence d'un nouveau genre qui développe ses propres codes vestimentaires. Le terme « punkoïde » est parfois utilisé pour désigner les différents mouvements issus du mouvement punk originel.
Chaussures
Les grosses chaussures font partie des classiques. Elles sont généralement montantes et coquées. Elles peuvent être de style « chaussure de sécurité » à la Dr. Martens ou style « botte de combat » souvent appelées « Rangers ». Elles peuvent être accessoirisées ou peintes, et se portent ouvertes ou fermées.
Les creepers, emblème des Teddy Boys des années 1950, ont été remises au goût du jour par Vivienne Westwood et Malcolm McLaren qui les vendaient dans leur premier magasin londonien Let It Rock et dont la vente a subsisté malgré les changements de nom et d'orientation de la boutique. La mouvance psychobilly (mélange de punk rock et de rockabilly) les adopte comme un véritable emblème.
Coiffures
La coupe « en pétard à la Sid Vicious » (appelée scum en anglais) est nettement inspirée de la coiffure originelle de Richard Hell. Cette coupe évoluera via Siouxsie Sioux jusqu'à inspirer Robert Smith et devenir une coiffure emblématique du mouvement gothique au début des années 1980. Cette coupe symbolise le rejet de la mode dont la tendance en 1976 était aux boucles et aux cheveux longs, en même temps que le rejet du mouvement hippie à l'origine de cette mode. Son côté fait-maison dénonce la crise de l'époque au Royaume-Uni en exprimant « pas d'argent, pas d'avenir ».
Dans cette attitude de rejet du cheveu long, les cheveux peuvent même être rasés, totalement ou en préservant une crête.
La crête iroquoise (ou Mohawk Hairstyle en anglais) est considérée comme la coiffure emblématique du mouvement punk : à l'époque, tous les moyens étaient bons pour la tenir droite (colle, savon, blanc d'œuf, etc) ; cela ouvrira la voie aux nouveaux cosmétiques extra-fixants. Cette coiffure facile à réaliser soi-même s'impose rapidement et dès 1977, elle est proposée et interprétée dans certains salons de coiffure, dont celui de Ray Bird, sous différents noms : « jolie punk », « tête de hérisson ». Ray Bird créé ainsi des coiffures novatrices notamment en intégrant des dessins, des sigles ou des mots, rasés dans les cheveux.
Sa facilité de mise en œuvre à partir de n'importe quelle coiffure est contrebalancée par la quasi-impossibilité de la masquer une fois réalisée, ce qui en fait un fort symbole visuel de l'attitude jusqu'au-boutiste des punks. Quant à la fin des années 1970, le punk anglais devient une sorte d'attraction touristique à Sloane Square, étant même présent sur les cartes postales des magasins de souvenirs, la crête prend des allures extravagantes (couleur, hauteur, forme, etc.) pour satisfaire les touristes et glaner les quelques 50 pences qu'ils donnent pour une photo. En réaction à cette exagération, une tendance sera de porter la crête mais de ne pas la dresser.
Cette façon de colorer les cheveux est aussi caractéristique du rejet des tendances de l'époque qui visent au naturel ; les couleurs utilisées sont volontairement artificielles pour être choquantes : fluorescentes, orange, vert, racines apparentes, etc.
Le crâne rasé apparaît avec la politisation du mouvement, dans un symbole de négation totale du système, de jusqu'au-boutisme du DIY et avec un aspect pratique puisque les cheveux ne peuvent pas être saisis en cas de bagarres.
Il existe d'autres coupes plus anecdotiques mais généralement plus extravagantes comme le fait de raser et de mettre en forme les cheveux restant afin de simuler des cornes sur le devant ou la Devilock (coiffure emblématique du groupe Misfits).
Outre les coiffures, la mode punk présente le visage masculin comme rasé. Cette tendance est autant à attribuer à la jeunesse des protagonistes originels qu'à leur façon de prendre les codes en vigueur à revers puisqu'à l'époque la barbe est plutôt en vogue.
Matières, motifs et volumes
Les matières phare de la culture rock des années 1950 sont revisitées, accessoirisées, déchirées, rapiécées mais restent d'actualité comme le cuir pour les blousons et le jeans pour les pantalons-cigarette de coupe dite « slim fits » en anglais (en forme de tube droit et fin).
Sous l'influence de Jamie Reid, le collage est largement utilisé que ce soit pour les motifs imprimés - style lettres découpées dans un journal comme une lettre anonyme - ou dans les assemblages et superposition de matières.
La maille de toutes tailles dont la résille prend une place importante, notamment dans les vêtements féminins.
La dentelle et le satin sont partiellement utilisés pour jouer sur un effet de contraste entre la préciosité et la sophistication qu'induisent ce type de matières comparées à l'allure générale.
Des symboles forts de la monarchie et de la bourgeoisie au Royaume-Uni sont détournés pour se vêtir comme le drapeau du Royaume-Uni ou le tartan (tissu écossais).
Le goût du kitsch s'affiche par des motifs léopard, Prince de Galles, pied-de-poule, pois ou rayures.
Dans les motifs comme dans les couleurs, il s'agit d'une mode de contraste utilisant des couleurs qualifiées de violentes ou de criardes : noir, blanc, rouge vif, bleu électrique, violet flashy.
Cette volonté de contraste se retrouve aussi dans les volumes des vêtements qui sont tantôt très longs, très larges, très courts - notamment les jupes chez les femmes - ou très collants.
D'autre part, en réaction aux codes naturels en place issus du mouvement hippie, les matériaux synthétiques, symbole de la production marchande moderne, comme le plastique ou le bakélite, sont largement utilisé pour les accessoires.
Vêtements
Par l'héritage Do it yourself, les vêtements s'achètent en friperie ou au surplus militaires et se personnalisent par des dessins, logos, symboles, slogans ou s'accessoirisent, se déchirent, etc.
Pour Rowland-Warne, il est possible d'interpréter cette tendance à déchirer les vêtements pour montrer le dessous comme une réminiscence de la mode des crevées. Cette façon d'exhiber les dessous se systématise dans le port de lingerie au-dessus des autres vêtements et se complète par le port des vêtements sur leur envers. Pour d'autres auteurs, le fait de déchirer les vêtements fait référence à la violence voire à la sexualité.
Dans les blousons se retrouvent le perfecto, symbole du rock, mais revisité à la mode punk pour dépasser l'image obsolète du « rocker empaté » et le bomber, en raison de la politisation du mouvement et de l'aspect pratique car il est difficile à saisir.
Du fait du détournement du tartan (tissu écossais), le kilt est aussi un vêtement emblématique, souvent porté sur un jeans.
Par le côté provocant, les femmes portent des minijupes avec de la résille ou des collants sans pied.
Il s'agit de bouleverser le système vestimentaire. Pour cela, l'allure se construit avec un assemblage d'éléments disparates, généralement avec le souci de contrarier les représentations habituelles des vêtements dans la majorité de la population. Des chaussettes trouées sont portées sur des bas résille, superposition de collants troués, lingerie apparente, long pull utilisé en minirobe, vêtements portés à l'envers, bretelles portées en bas, chemise hors du pantalon, cravate trop large, etc.
-SYMBOLISME-
Les différentes composantes de la mode punk ont largement été interprétées par de nombreux auteurs voire même par leurs investigateurs. Dans sa mise en œuvre originelle, c'est une mode porteuse de messages comme les slogans affichés sur les vêtements et dont chaque élément est chargé au moins d'une valeur symbolique reprise ou détournée par le porteur.
La mode punk est constituée de codes vestimentaires qui définissent une identité d'appartenance sans équivoque au groupe plus qu'une véritable mode.
D'un point de vue socio-anthropologique, l'usage de ces codes vestimentaires appartient à la ritualisation que ce soit dans leur mise en œuvre ou dans leur sens symbolique. L'habillement tient lieu de masque ou de totem , il permet de protéger la fragilité potentielle du porteur en lui donnant une autre image.
D'un point de vue psychologique, l'adoption de la mode punk structure le comportement sur des points d'ancrage comme les codes vestimentaires, dont la principale référence sont les goûts musicaux. En effet, elle a d'abord existé et a été popularisée par des groupes de musique.
La valeur symbolique du vêtement est autant destinée à autrui qu'aux autres membres du groupe. L'allure peut témoigner du degré de révolte contre la société, du degré de violence face aux autres ethnies urbaines, du type de drogue qui a la préférence, etc. Cet investissement symbolique du vêtement induit une association, de fait, entre les éléments caractéristiques du mouvement et l'appartenance à ce mouvement ce qui s'accompagne implicitement de connotations sur les goûts musicaux, l'idéologie, etc.
Rejet du système
L'élément essentiel reste le rejet du système en place, en exploitant deux registres - dérision et provocation - qui font appel tous les deux au détournement des éléments de ce système.
Ce détournement aboutit à une apparence hors-norme qui place le porteur dans une position d'auto-marginalisation assumée. Cette marginalité est temporaire et anticipe sur un statut futur valorisé, du moins dans le groupe.
Dérision
La dérision détourne, déforme, voire tourne en ridicule les codes vestimentaires admis de l'époque. Des résilles sont fabriquées avec des filets à oranges, des accessoires inutiles ou dysfonctionnels apparaissent (lunettes sans verre en fil de fer, lacets de chaussures mal noués pour entraver la marche, etc), plaquettes de médicaments vides accrochées aux vêtements, simulacre de tampon hygiénique pendant à la ceinture, t-shirt coupé dans un sac poubelle, etc.
Le jeans comme le tee-shirt perdent leur sens universel en étant déchirés, que ce soit via l'acte de renier un symbole universel en le déchirant ou le fait de porter un symbole universel dans sa version destroy. Symbolique qui se retrouve aussi dans le blouson de cuir type perfecto, symbole universel du rock dont l'acte de profanation lié à la personnalisation (accessoirisation, peinture, etc.) est aussi chargé de sens que le fait de le porter.
La fonction unisexe du jeans ou du tee-shirt est, elle aussi, tournée en dérision par l'ajout d'éléments faisant clairement référence à la sexualité.
De même, le fait d'utiliser des symboles forts de la monarchie et de la bourgeoisie pour se vêtir les ramène à leur état de pièce d'étoffe.
Provocation
La provocation consiste surtout à afficher des symboles habituellement considérés comme tabous.
Elle touche ce qui est alors considéré comme des déviances dont la sexualité, l'androgynie[38], le BDSM[39], le fétichisme, le sadomasochisme, la prostitution, la toxicomanie, les modifications corporelles dont le piercing.
Mais elle touche aussi au politiquement correct en arborant des symboles politiques forts.
Provocation aussi dans les vêtements type bondage où les membres sont entravés par des sangles autant que dans les colliers de chien portés au cou, qui outre l'aspect déviant du premier niveau de lecture, symbolisent aussi le rejet d'un système vécu comme aliénant.
Violence
La plupart des ethnies urbaines transmettent une idée de violence, véhiculée par la notion de nombre due au regroupement en bande.
De par son côté provocant, la mode punk transmet une image revendicative souvent assimilée à une idée de violence. Cette violence à l'égard de la société se charge d'une dimension symbolique dans la mode punk. En effet, elle s'exprime notamment dans l'habillement où le « jeu de corps paré » permet de s'opposer voire, de se substituer à un système jugé aliénant.
Attribut guerrier
Cette idée de violence se transmet aussi par l'usage d'accessoires ou de symboles associés aux attributs guerriers dans l'inconscient collectif.
C'est le cas de la crête iroquoise qui est assimilée aux guerriers amérindiens mais qui peut aussi se rapprocher des décorations qui ornaient les casques des guerriers comme ceux des gaulois ou les cimiers des heaumes. D'un point de vue psychanalytique, cette coiffure constitue, de part sa hauteur, un rite d'élévation qui peut se traduire comme une tentative d'identification au mâle dominant.
Autodestruction
La violence faite à soi-même est une forme de violence extrême. Elle appartient au mythe du poète maudit ainsi qu'à la symbolique associée au toxicomane.
Dans certaines religions dont la religion chrétienne, les modifications corporelles sont assimilées à l'automutilation. Cette thématique de l'automutilation peut aussi se retrouver dans les vêtements déchirés. La symbolique de l'automutilation induit aussi une idée de sauvagerie primitive qui se retrouve aussi dans la coiffure.
L'autodestruction renvoie aussi aux thèses psychiatriques de la fin du XIXe siècle interprétant la toxicomanie ; or la toxicomanie est fortement liée au mouvement punk.
Cette dimension presque poétique du désespoir dans le punk atteint son apogée lors de la tragique fin du couple Sid Vicious-Nancy Spungen qui est parfois rapprochée par certains fans du mythe de l'amour impossible.
Tolérance sociale et méprises
Au début du mouvement, le fait qu'ils décolorent leurs cheveux, les coupent courts et portent des pantalons étroits, a parfois fait passer les punks pour des homosexuels, notamment aux États-Unis. D'autant que les Ramones chantaient 53rd and 3rd où Dee Dee Ramone se réfère à un lieu connu de la prostitution masculine à New York.
Les boneheads sont issus du mouvement skinhead qui est proche du milieu punk. Leur code vestimentaire comporte des points communs qui amènent parfois à des confusions.
L'usage de la croix gammée par provocation (une constante chez les punks) ajoute d'autant à la confusion. Pour éviter cette confusion, certains punks portent des symboles anti-nazi.
Entre le temps de préparation d'une coiffure ou le soin apporté à l'apparence, le punk est parfois présenté comme une sorte de dandy moderne ou « dandysme de fauchés ». Pourtant à l'inverse de l'idée de préciosité associée au dandy, les vêtements s'achètent au moins cher (puces, friperie, surplus militaire, vente au poids, etc.) avec peu de considération pour ce qu'ils sont - sauf pour des éléments kitsch (pantalon vert pomme, chemise à impression cow-boy) - puisqu'ils sont voué à être personnalisés par des dessins, des accessoires voire même des photos. Cette contradiction où le parti-pris anti-esthétique devient d'ordre esthétique, était déjà présente dans le mouvement dada.
La perception véhiculée par la culture populaire notamment via le cinéma vise à stigmatiser les côtés les plus jusqu'au-boutistes, antisociaux et violents du punk en donnant souvent une allure punk aux personnages incarnant le méchant.
Certains éléments de la mode punk peuvent, en fonction des pays, avoir un caractère illégal.
Ainsi, en France, les triplex sont considérés comme des armes par destination et sont donc interdites.
De même, la mode des grosses bagues en métal se serait développée suite à l'interdiction des poings américain.
Certains visuels de tee-shirts de la boutique Sex ont été interdits car jugés trop choquants : ce fut le cas des tee-shirts comportant la cagoule du violeur de Cambridge ou ceux avec un visuel où deux cow-boys sans pantalon se font face avec leur sexe qui se frôlent.